Eglise paroissiale Saint Maurice de Bagnes Bref historique L'actuel édifice a été construit au début du XVIème siècle, quant au clocher, il est un peu plus ancien et fut édifié à la fin du XVème siècle. Il fut commencé en 1488 et achevé vraisemblablement en 1496. D'autres constructions dont nous ignorons le nombre, le style et les dimensions, dont nous ne connaissons ni les dates, ni les circonstances de leur érection ont bien évidemment précédé l'église actuelle. Une église existait à Bagnes au XIIème siècle déjà ; elle est mentionnée nommément parmi les possessions de l'abbaye de St-Maurice par une bulle du pape Alexandre III datée de 1178. Dans l'état actuel des recherches, il est difficile de déterminer comment s'opéra la succession des différentes églises. Y a-t-il eu à chaque fois démolition ou réfections plus ou moins importantes ? La construction de l'église actuelle dura environ un demi-siècle ; ceci peut s'expliquer tant pour des raisons financières que pour des causes techniques. La commune supporta à elle seule l'entier des frais des travaux. 1494 : le gros œuvre du clocher, par maître Jean Dunoyer, est achevé. 1503 : début de la reconstruction du chœur par Pierre Guigoz. Le chœur ne fut pas achevé avant 1534. 1519 : une convention nouvelle est passée entre Pierre Guigoz et la commune de Bagnes pour la reconstruction de la nef. 1684 : mise en place entre le chœur et la nef de l'imposante grille en fer forgé artistiquement maillé. Elle reste encore aujourd'hui l'unique exemple d'une grille de chœur dans une église paroissiale du Valais. 1876/1880 : première restauration. 1901 : nouveau pavement dans le chœur, vitraux néo-gothiques dans les trois fenêtres gauches de l'abside. Assainissement des fondations, bétonnage du sol. 1910/1919 : remplacement de l'orgue. 1925/1932 : réfection de la seconde partie du toit. Installation d'un chauffage électrique. 1974/1982 : dernière restauration. Réfection des crépis et des enduits. Modernisation des clefs de voûte aux armoiries de Mgr Schwéry, évêque de Sion, et de Mgr Salina, abbé de St-Maurice, de la commune de Bagnes et de la Croix de St-Maurice. Aménagement d'un podium devant la grille, pour recevoir l'autel central conforme à la nouvelle liturgie et d'une chapelle de semaine dans le chœur. Dallage du sol en pierre de Vollèges. Montage d'un nouvel orgue. Pose de nouveaux vitraux, œuvre de Pierre Chevalley d'Yverdon. 1982 : grande fête d'inauguration. Architecture le clocher La tour du clocher est divisée en trois étages. L'étage inférieur aux puissantes assises abrite la sacristie. Le deuxième étage est séparé du dernier par une corniche à angle saillant. Les quatre faces de l'étage supérieur sont percées par de larges baies gothiques. Au-dessus se dresse l'octogone de la flèche. Un cadran solaire se trouve à droite de la baie sud et une grande croix en fer forgé, récente (1855), coiffe la flèche et supporte la girouette du coq. le chœur Il résulte de l'élargissement de l'ancien chœur rectangulaire et de son agrandissement vers l'Est par une adjonction d'une abside polygonale à quatre côtés inégaux. Les angles de l'abside sont renforcés à l'extérieur par des contreforts en pierre de taille. Le chœur se compose de deux travées couvertes de voûtes en ogives. la nef Elle se compose de trois vaisseaux parallèles, une nef centrale aveugle plus haute et plus large que les deux nefs latérales. Un seul toit à deux pans recouvre l'ensemble de l'édifice. L'éclairage provient de dix grandes baies à embrasure simple ; six fenêtres percent les longs murs des nefs latérales ; trois encadrent le portail principal et une se trouve derrière l'autel du Rosaire. Les bas-côtés sont réunis à la nef centrale par des arcades reposant sur six colonnes massives en pierre de taille. L'église est de style gothique finissant très dépouillé, d'architecture solide, équilibrée et calme. Autels, décoration, statuaire A droite, l'autel du Rosaire (1689/1690) de Jean-Baptiste Matassoli avec un tombeau néo-gothique de 1865 et le retable avec le tableau principal de Félix Corthey (1828). A gauche, l'autel de la Compassion (1738). Au milieu du bas-côté droit, l'autel des âmes (1704), chef d'œuvre de menuiserie, de sculpture et de polychromie baroques. L'autel St-Antoine lui répond sur le bas-côté gauche. La chaire du XVIIème siècle, avec les statues des 4 évangélistes dont une a disparu, est très simple. A noter : - les panneaux ornés de relief en ajour provenant de l'ancien maître-autel ; - le baptistère = fonds baptismaux de 1703-1704 à gauche. Peintures - La Sainte Cène d'après Léonard de Vinci au nouveau maître-autel (Michel Corthey 1791/1835)
- Le Christ gisant de l'autel des âmes (Félix Corthey 1833)
- Les stations du chemin de croix (Félix Corthey vers 1810)
- Le retable de l'autel du Rosaire (Félix Corthey, 1828)
- L'adoration des mages (Sébastian Düring, 1698)
- La Sainte Cène (Sébastian Düring, 1698)
- Devants d'autel du Rosaire (Michel Corthey, 1824)
- St-Antoine (autel) (Emmanuel Chapelet, 1863).
L'église de Bagnes est un édifice riche d'histoire et de la piété des habitants d'une vallée alpestre.
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